Quelle est la vision globale de Tamwilcom en matière de financement de l’entrepreneuriat et de soutien aux très petites et moyennes entreprises (TPME) à travers les mécanismes de garantie ?
La vision de Tamwilcom consiste à assurer un continuum de financement en faveur de l’entrepreneuriat en accompagnant les entreprises à chaque étape de leur cycle de vie et en répondant à leurs besoins spécifiques.
Dans ce cadre, notre stratégie est d’offrir des mécanismes de garantie et de financement destinés aux microentreprises, aux très petites et moyennes entreprises (TPME), ainsi qu’aux start-up, en partenariat avec les différents acteurs (bailleurs de fonds, banques, sociétés de financement et écosystème des start-up) et à travers des produits adaptés aux différents besoins.
Notre vision est également d’encourager les partenaires financiers à accompagner l’entrepreneuriat en offrant des conditions avantageuses aux catégories identifiées (microentreprises, très petites entreprises, entreprises dirigées par des femmes).
Quelle évaluation faites-vous du partenariat entre le Groupe de la Banque africaine de développement et Tamwilcom sur ces deux dernières années ?
Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique de long terme. Il a produit des résultats probants en matière de financement inclusif et de renforcement des mécanismes de garantie.
Cette coopération s’est traduite par la mise en œuvre du Programme d’appui au développement du secteur financier inclusif, déployé en trois phases, puis complété par le Programme d’appui à la résilience et à la compétitivité des institutions de microfinance, en deux phases. Ces différents appuis budgétaires ont accompagné, de manière progressive, la transformation et la montée en puissance du système national de garantie, tout en renforçant la dynamique d’inclusion financière, en soutenant les TPME et en favorisant la création d’emplois.
Au cours des deux dernières années, la coopération s’est encore intensifiée avec une nouvelle génération de financements axés sur les résultats et les indicateurs d’impact, notamment en matière de financement des TPME, de création d’emplois et de promotion de l’entrepreneuriat féminin.
Le principal programme lancé récemment dans ce cadre est le Programme d’appui et de financement de l’entrepreneuriat pour la création d’emplois, approuvé par le Groupe de la Banque africaine de développement en 2025 pour un montant de 119 millions d’euros. Il comprend un don de 2,5 millions de dollars américains au titre de l’Initiative pour le financement en faveur des femmes en Afrique (AFAWA, Affirmative Finance Action for Women in Africa » en anglais), qui vise à soutenir l’entrepreneuriat féminin et à accompagner 8 700 femmes entrepreneures. Mis en œuvre en partenariat avec le ministère de l’Économie et des Finances, ce programme accorde aux femmes entrepreneures une place centrale à travers des indicateurs de décaissement directement liés à l’utilisation des mécanismes de garantie pour le financement des TPME et à leur contribution à la création d’emplois.
Les résultats observés illustrent clairement l’effet de levier du dispositif : aujourd’hui, un euro mobilisé en garantie permet de générer jusqu’à 24 euros de financement bancaire en faveur des TPME, démontrant ainsi la capacité du mécanisme à catalyser les financements privés.
Outre l’appui financier, le partenariat avec le Groupe de la Banque africaine de développement intègre également une composante importante de renforcement des capacités, visant à améliorer nos pratiques en matière de développement durable, d’évaluation d’impact et d’appréciation de la contribution de notre intervention à la création d’emplois.
Quelles perspectives voyez-vous dans l’approfondissement de cette collaboration ?
Le partenariat offre encore un potentiel important d’approfondissement au regard de la convergence des visions de long terme des deux parties et des enjeux liés à la poursuite de la modernisation de l’économie nationale.
En complément des programmes en cours, nous pensons que d’autres sujets pourraient être explorés dans l’appui aux TPME, la transition verte, le numérique, le développement territorial, l’accompagnement des politiques publiques et le financement des start-up.
Ces thématiques pourraient donner lieu à des mécanismes de collaboration innovants tels que des instruments de partage des risques ou encore l’accompagnement au lancement de nouvelles solutions de financement ciblant l’investissement privé.